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PELUSO Valentina

La poésie de Tsering Woeser : une lecture postcoloniale

Publié le 19 mars 2026 Mis à jour le 19 mars 2026

Thèse en Lettres, Langues, Linguistique et Arts, soutenue le 05/09/2025.

Face à l’inexorable disparition de la langue tibétaine, à l’effacement de la culture humaniste et à une censure davantage oppressante dans la République populaire de Chine, l’écriture de Tsering Woeser révèle le parcours de combattant d’une artiste vis-à-vis du système littéraire monolinguistique et hégémonique de l’état chinois. En tant que poétesse tibétaine écrivant en chinois elle tisse une nouvelle relation avec la culture et la langue dominantes en devenant une imprévisible « créatrice d’imaginaires » selon les intuitions de l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau sur le langage des colonisés. À la lumière de la théorie postcoloniale, notre thèse interroge d’abord le thème politique de l’identité tibétaine qui est inséparable du double imaginaire colonial institué autour du Tibet dérivant à la fois de l’orientalisme occidental et des pratiques coloniales chinoises. À travers cette approche théorique, nous proposons une lecture des poèmes de Tsering Woeser écrits entre les années 1990 et 2020. Abondant en thèmes nostalgiques et politiques - visions de ruines, destruction environnementale, narrations anecdotiques, notes biographiques et de voyage – Woeser réussit à bâtir un puissant langage poétique qui se nourrit de la poésie internationale, de la beat generation aux poètes antisoviétiques, en se mélangeant fortement avec la culture tibétaine et le bouddhisme. Les poèmes révèlent donc d’un imaginaire en rupture avec le discours colonial de la RPC et ses narrations idéologiques.

Mots-clés : Poésie tibétaine en chinois ; Postcolonialisme ; Identité tibétaine ; Imaginaire colonial ; Dilemme linguistique ; Nostalgie et mémoire

Around the world today, there is a movement to reform national public finances. In the countries of Central Africa, particularly at state level, financial reform is taking place with the Tsering Woeser’s work foregrounds the hardship of an artist fighting against the Chinese state’s hegemonic and monolinguistic literary system while facing the inexorable disappearance of the Tibetan language, the erasure of the humanist culture and the increasing censorship in the People’s Republic of China, As a Tibetan artist writing in Chinese, she creates a new relation to the dominant language and a new and unpredictable identity, reminiscent of Martinican intellectual Patrick Chamoiseau’s concept of the language of the colonized. My thesis first interrogates the political topic of “Tibetan identity” through the lens of postcolonial theory. I argue that Tibetan identity could neither be separated from the Chinese colonial practices nor from the Western orientalist fascination for Tibet. Through this theoretical approach, the thesis conducts a close reading of selected poems by Woeser from the 1990s until 2020, revealing the recurrence of nostalgic and political themes such as visions of ruins, environmental disaster, anecdotes, biographical and travel notes. Woeser also adopts concepts from Buddhism and foreign poetry such as the Beat generation and anti-Soviet poets. She thus creates a powerful language giving her poems a subversive role in the Chinese literary world. She defies colonial imaginary and People’s Republic of China’s ideology and narratives.

Keywords: Tibetan poetry in Chinese ; Postcolonialism ; Tibetan Identity ; Colonial imaginary ; Language dilemma ; Nostalgia and memory


Membres du jury
- M. Gregory Barry LEE, Professeur des universités émérite, Université Jean Moulin Lyon 3, Directeur de thèse,
- Mme Marie LAUREILLARD, Professeure des universités, Université Paris Nanterre, Rapporteure,
- Mme Françoise ROBIN, Professeure des universités, Institut national des langues et civilisations orientales, Rapporteure,
- Mme Sophie COAVOUX, Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches, Université Jean Moulin Lyon 3, Examinatrice,
- M. Florent VILLARD, Professeur des universités, Science po Rennes, Examinateur.

Présidence du jury : M. Florent VILLARD