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PAN Yi-Ling

Un nouvel imaginaire insulaire dans le cinéma taïwanais (2008-2020) : industrie, genres et narration

Publié le 12 octobre 2026 – Mis à jour le 12 octobre 2026

Thèse en Etudes de l'Asie et ses diasporas, soutenue le 07/10/2026.

Cette recherche est née d'une critique terminologique. La dénomination « Post-Nouveau Cinéma », donnée au cinéma taïwanais d'après 2008, ne parvient pas à mettre en évidence ce qu’il a de propre : nommer le présent par référence au passé revient à admettre qu'on ne sait pas encore ce qui le caractérise. En quoi cette nouvelle tendance se distingue-t-elle du Nouveau Cinéma des années 1980, ce cinéma d'auteur qui a fait la reconnaissance internationale de l'île ? Comment un film peu connu à l’étranger, Cape No. 7, est-il devenu le terreau d’une renaissance de cette cinématographie ? Et surtout, par quels mécanismes l’identité taïwanaise s’y reflète-t-elle ? Pour répondre à ces questions, cette thèse s’appuie sur une analyse industrielle et culturelle centrée sur les films populaires sortis entre 2008 et 2020, structurée en trois axes : l'infrastructure industrielle crée les conditions matérielles de production ; le genre cinématographique devient le lieu de négociation avec le public ; la narration historique révèle la pluralité des mémoires longtemps réduites au silence. De ces trois axes se dégage l’idée centrale de ce travail : le lieu où se négocie l'identité taïwanaise s'est déplacé du cinéma d'auteur au cinéma de genre. Au-delà de Taïwan, ce travail propose un modèle d'analyse pour les petites cinématographies, montrant comment la contrainte matérielle peut devenir une force créatrice.

Mots-clés : Taïwan ; Cinéma ; Identité ; Industrie cinématographique ; Cinéma de genre ; Narration

This research grew out of a terminological critique. The label "Post-New Cinema," applied to Taiwanese cinema after 2008, fails to capture what is distinctive about it: to name the present by referring to the past is to concede that we do not yet know what defines it. How does this new trend differ from the New Cinema of the 1980s, the auteur cinema that earned Taiwan international recognition? How did a film that was little known abroad, Cape No. 7, become fertile ground for the revival of cinema on the island? And above all, through what mechanisms is Taiwanese identity reflected in it? To answer these questions, this thesis draws on an industrial and cultural analysis centred on the popular films released between 2008 and 2020, and structured around three axes: industrial infrastructure, which creates the material conditions for production; film genre, which becomes the site of negotiation with the audience; and historical narrative, which brings to light the plurality of memories long reduced to silence. From these three axes emerges the central argument of this work: the site where Taiwanese identity is negotiated has shifted from auteur cinema to genre cinema. This work offers a model of analysis for small cinemas beyond Taiwan showing how material constraints can be transformed into a creative advantage.

Keywords: Taiwan ; Cinema ; Identity ; Film industry ; Genre cinema ; Narrative


Direction de thèse : Mme Marie  LAUREILLARD

Membres du jury :

  • Mme LAUREILLARD Marie, Professeure des universités Université Paris Nanterre, Directrice de thèse
  • M. VILLARD Florent, Professeur des universités Sciences Po Rennes, Rapporteur
  • M. LINCOT Emmanuel, Professeur Institut catholique de Paris  Rapporteur
  • M. BARNIER Martin, Professeur des universités Université Lumière Lyon 2, Examinateur
  • M. CORCUFF Stéphane, Maître de conférences Science Po Lyon, Examinateur
  • Mme GHERMANI Wafa, Assistant Professor Université nationale centrale, Examinatrice

Présidence du jury : Martin BARNIER