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DURAND Allison

Farandoles et jazz-parties des animaux : étude du « Bestiaire » dans l’oeuvre de Boris Vian

Publié le 21 juin 2018 Mis à jour le 13 décembre 2018

Thèse en Langue et littérature françaises, soutenue le 11 juin 2018.

L’animal, c’est d’abord un mouvement, une animation. Chez Vian celle-ci se présente sous bien des formes, comme dans les dessins animés. Dans son oeuvre, réels ou fictifs, issus de l’imagination confinant aux êtres hybrides et aux monstres, les animaux prennent vie, partageant régulièrement les événements de l’existence des personnages humains. Avec eux le lecteur est pris dans une farandole d’animaux, allant des surprises-parties à la maladie et à la mort. Compagnons, ils vont jusqu’à acquérir le statut de personnage, adoptant même des caractéristiques et comportements propres aux hommes…
Ils sont à la fois matière de l’oeuvre et son langage, des « animots », à l’origine du jeu et du canular, parfois jusqu’au burlesque. Nonobstant ils révèlent une observation, une connaissance scientifique chère à l’ingénieur de l’Afnor, qui rejette cependant la norme par l’invention multiple de néologismes, de calembours et d’images. Il fait « swinguer la langue », sur un air éclaté par le rythme du jazz, poussant ainsi à bouts rimés bien des conventions, sans aller tout à fait jusqu’au surréalisme et à l’Oulipo de l’ami Raymond Queneau. Le satrape Vian est plein de fantaisie….Sa gidouille devient corne d’abondance animalière. Fable nouvelle ? Les ani-maux parlent du monde, en révèlent les cruautés et violences : monde en guerre, racisme, sadisme. De là s’installe un langage allant jusqu’à l’absurde, qui tourne à vide. Néanmoins, la poésie, comme un coup d’éclat, instant magique, traduit une innocence enfantine sur la beauté du monde, parmi lequel les animaux règnent. Ultime provocation ? En fait Vian révèle constamment à travers les animaux le paradoxe de l’homme et de l’oeuvre. Entre une farandole gaie et un rythme de jazz hérité des hommes noirs, il est partagé entre un cri de bête écorchée et un chant éphémère, comme un « baiser d’escargot ». Avec ce cri qui résonne sur la toile, ou sur sa trompinette, Vian imprime sa patte à tous les arts et en voulant mettre des mots à travers les « animots/animaux », il louvoie entre un homme de feinte et un créateur de fiction.


The animal is foremost a movement, an animation. With Vian, the latter comes in many forms, like in cartoons. In his work, whether real or fictious, born from the imagination confining to hybrid beings and monsters, animals come to life, often sharing the life events of human characters. With them the reader is taken in a farandole of animals, going from celebrations to illness and death. Companions, they even gain a character status, adopting characteristics and behaviours specific to men...
They are both the work's material and its language, "animots" originator of the game and the hoax, sometimes up to the burlesque. Notwithstanding they reveal an eye, a scientific knowledge dear to the Afnor engineer who nevertheless rejects the standard with the multiple inventions of neologisms, puns and images. He makes the language "swing" on a melody blown up by jazz rhythm, thus pushing to rimed limits many conventions, without extending to surrealism and friendly Raymond Queneau's Oulipo. Vian the satrap is fanciful... His "gidouille" turns into a wildlife horn of abundance.
New fable? « Ani-maux » talk about the world, revealing its cruelties and violences : world at war, racism, sadism. From there sets up a language going up to the absurd, running idle. Nevertheless, poetry, like a stunning blow, a magical moment, shows a childish innocence over the world’s beauty among which animals reign. Final provocation? Actually, through animals Vian constantly reveals the paradox between the man and his work. Between a cheerful farandole and a jazz rhythm inherited from black men, he is torn between the scream of a skinned beast and an ephemeral chant, like a “snail kiss”. With this scream resonating on the canvass, or on his “trompinette”, Vian prints his hand to every arts and by willingly putting words across the “animots/animals”, he weaves between a man of diversion and a creator of fictions.

Mots-clés :
Boris Vian, bestiaire, animots, anormalité, pataphysique, jeu, paradoxe, rythme

Keywords :
Boris Vian, bestiary, animots, abnormalit, pataphysical, game, paradox, rhythm

Directeur(s).trice(s) de thèse : M. Guy LAVOREL

Membres du jury :
Mme Nicole BERTOLT, Mandataire œuvre Boris Vian, Responsable de la cohérie Vian, Paris,
Mme Sylviane COYAULT, Professeure des universités émérite, Université Clermont-Auvergne,
M. Guy LAVOREL, Professeur des universités émérite, Université Jean Moulin Lyon 3,
M. Olivier LEPLATRE, Professeur des universités, Université Jean Moulin Lyon 3,
M. Jean PRUVOST, Rapporteur, Professeur des universités émérite, Université Cergy-Pontoise.

Président.e du jury : M. Olivier LEPLATRE

Equipe d'accueil : Francophonie

Décision : Admise