• Culture,

Allocution de François D'AGAY, président de la Succession Antoine de Saint-Exupéry - d’Agay

Inauguration de l'exposition "1939-1944 : Antoine de Saint-Exupéry combattant - Un engagement singulier pour la liberté"

Publié le 21 novembre 2014 Mis à jour le 21 novembre 2014

[legende-image]1290696717205[/legende-image]Allocution de François d'Agay,

Président de la Succession Antoine de Saint-Exupéry d'Agay, neveu et filleul d'Antoine de Saint-Exupéry.


"Le 14 octobre 1926, Antoine de Saint-Exupéry intègre les lignes Latécoère et en 1929 l’aéropostale en Amérique du Sud.

C’est un engagement d’homme dans un métier où il trouvera cette communauté humaine à laquelle il aspire, communauté qui enseigne le sens du mot devoir.
Pilote parmi les pilotes il crée des liens avec ces camarades, pour lui il n’est qu’un seul luxe véritable et c’est celui des relations humaines.

En 1939 c’est la guerre. Mobilisé, il est déclaré inapte à piloter des avions modernes. Peu importe. Il se bat pour en avoir le droit et il gagne. Que suis-je si je ne participe pas.
Fidèle à lui-même il rejoint le groupe 2/33 en Lorraine, qui perd 17 équipages sur 23 pendant la bataille de France.

Fin décembre 1940, il rejoint les Etats unis ou un autre type de combat l’attend, un combat difficile, mais il reste fidèle à son engagement dans un environnement parfois hostile.
Il n’aspire alors qu’à rejoindre son escadrille. En avril 1943 il traverse l’atlantique seul français a bord d’un transport de troupes d’Américains et débarque en Afrique du Nord ou il retrouve ses camarades de 1940 et reprend ses missions au-dessus de la France occupée.

Le matin du 31 juillet 1944, il repart pour une huitième mission. Il n’en reviendra pas.

Nous avons espéré son retour une fois, encore lui qui était revenu de tant de danger.

« J’ai engagé ma chair, toute ma chair, dans ce job nécessaire et ingrat et je l’ai engagée perdante ».

Il était revenu combattre pour la liberté et partager avec ses camarades les risques de la guerre parce qu’il en sentait pour lui-même le besoin.

Je remercie Jean-Christophe Piffaut et Clara Sigalevitch, les auteurs de cette exposition remarquable, et tous ceux qui ont avec eux de près ou de loin participé à cette réalisation avec l’Université Jean Moulin.

Puissent le lieu et cette exposition inspirer la jeunesse d’aujourd’hui et créer des liens entre les hommes."


François d'Agay