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RODRIGUEZ Lucas

La nuit de la conscience: mythologie et Révélation dans la dernière philosophie de F. W. J. Schelling

Publié le 20 mars 2026 Mis à jour le 20 mars 2026

Thèse en Philosophie, soutenue le 19/12/2025.

Notre thèse aborde la genèse de la conscience religieuse, son évolution à travers la mythologie et sa transformation à partir de la Révélation dans la dernière philosophie de F. W. J. Schelling (1775-1854). Mythologie et Révélation sont les objets par excellence de cette période (1827-1854), qui correspond à l’annonce du positif et au rétablissement de ses droits en philosophie. Quant à la méthodologie de notre travail, conformément à la démarche schellingienne, nous privilégions une approche diachronique et génétique de la conscience. Il s’agit de suivre celle-ci tout au long de son histoire, de recréer son parcours à travers la mythologie, depuis ses débuts nocturnes jusqu’à l’avènement de l’auto-conscience. C’est une anamnèse dans laquelle la conscience (Bewusstsein) est saisie par le philosophe de Leonberg dans la littéralité d’un être-su, et dont le but est de parvenir à ce savoir dans la conscience de soi (Selbstbewusstsein). Il est également question d’un savoir de Dieu, un accès à la théologie ou science supérieure pour la philosophie. À cet égard, la conscience humaine n’est pas dissociable de la religion, elle est essentiellement religieuse dans le sens où elle tisse un lien réel avec Dieu. Schelling la définit comme « celle qui pose Dieu », un principe théothétique, voire théo-génétique. Ainsi, la mythologie se présente comme une histoire des dieux, une théogonie dans laquelle la conscience produit, de manière inconsciente, les représentations de ces dieux. Ces dernières naissent d’un processus indépendant de la pensée, tout en étant capable de l’élargir. Pour cette raison, dans la philosophie de la mythologie, le philosophe cherche à se rapprocher de l’expérience mythologique, entrant dans l’objet sans aucun a priori. Celui-ci, pour retrouver son passé immémorial ou imprépensable, revisite les faits et événements effectifs de cette genèse à travers une expérience propre, marquée par un choc et un basculement. À son terme, la mythologie nous apparaît dans son ensemble comme issue d’un premier mouvement de rupture, suivi d’une réconciliation ultérieure avec Dieu. Cependant, notre recherche ne s’arrête pas aux représentations mythologiques, qui sont de caractère nécessaire. Elle poursuit son chemin vers l’événement décisif de la Révélation chrétienne. Cette dernière est un fait objectif, entièrement indépendant de la conscience, et inaugure en même temps l’histoire supérieure et providentielle par l’acte d’un vouloir libre. La Révélation chez Schelling ouvre la voie non seulement à des connaissances inattendues, mais aussi à l’anticipation des événements à venir, comme l’aboutissement ultime d’une conscience absolue, à la fois universelle et particulière.

Mots-clés : Schelling ; Conscience ; Mythologie ; Révélation

Our thesis addresses the genesis of religious consciousness, its evolution through mythology and its transformation through Revelation in the last philosophy of F. W. J. Schelling (1775-1854). Mythology and Revelation are the objects par excellence of this period (1827-1854), which corresponds to the announcement of the positive and the restoration of its rights in philosophy. As for the methodology of our work, in accordance with the Schellingian approach, we favour a diachronic and genetic approach to consciousness. The aim is to follow consciousness throughout its history, to recreate its journey through mythology, from its nocturnal beginnings to the advent of self-consciousness. It is an anamnesis in which consciousness (Bewusstsein) is grasped by the Leonberg philosopher in the literalness of a being-known, and whose goal is to arrive at this knowledge in self-consciousness (Selbstbewusstsein). It is also a question of a knowledge of God, an access to theology or a superior science for philosophy. In this respect, human consciousness cannot be dissociated from religion; it is essentially religious in the sense that it forges a real link with God. Schelling defines it as ‘that which posits God’, a theo-thetic, even theo-genetic principle. Mythology is thus presented as a history of the gods, a theogony in which consciousness unconsciously produces representations of these gods. These representations are born of a process that is independent of thought, yet capable of expanding it. For this reason, in the philosophy of mythology, the philosopher seeks to approach the mythological experience, entering into the object without any preconceptions. In order to rediscover its immemorial or unprethinkable past, the object revisits the actual facts and events of its genesis through its own experience, marked by shock and change. In the end, mythology as a whole appears to us as the result of an initial movement of rupture, followed by a subsequent reconciliation with God. However, our research does not stop at mythological representations, which are of a necessary nature. It continues its journey towards the decisive event of Christian Revelation. This is an objective fact, entirely independent of consciousness, and at the same time inaugurates sacred and providential history through the act of a free will. For Schelling, Revelation opens the way not only to unexpected knowledge, but also to the anticipation of future events, as the ultimate culmination of an absolute consciousness that is both universal and particular.

Keywords: Schelling ; Consciousness ; Mythology ; Revelation


Membres du jury

M. Bruno PINCHARD, Professeur des universités émérite, Université Jean Moulin Lyon 3, Directeur de thèse
M. Federico RODRIGUEZ GOMEZ, Professeur contractuel titulaire, Université de Séville, Rapporteur
Mme Alexandra ROUX, Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches, Université de Poitiers, Rapporteure
M. Jean-Christophe GODDARD, Professeur des universités, Université Toulouse Jean Jaurès, Examinateur
Mme Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK, Directrice de recherche, CNRS, Ecole normale supérieure, Examinatrice

Présidence du jury : M. Jean-Christophe GODDARD