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Participez au plateau interactif avec Arnaud Théval | L'Université, scènes de mémoire ?

Publié le 16 avril 2024 Mis à jour le 14 mai 2024


L’artiste Arnaud Théval propose une série d’entretiens avec des chercheurs en droit, philosophie, littérature ainsi qu’avec des acteurs de la fabrication ou de la réparation de la mémoire.

En résidence à Lyon III, il réfléchit sur les mécanismes qui contribuent à alimenter ou à fabriquer une image de l’institution à partir de faits connus et dont l’histoire et ses effets se répercutent de génération en génération. En écoutant les récits de vie des habitants de l’institution d’aujourd’hui et d’hier, l’artiste compose un récit teinté de ces expériences singulières tout en se questionnant sur le poids de ces dernières dans la constitution du récit institutionnel.

En quoi une démarche artistique s’appuyant sur des fragments d’histoires vécues dans l’université, peut-elle contribuer à la constitution d’un récit articulant ce qui est revendiqué et ce qui est dénoncé ? Trous de mémoire est un dispositif de recherche visant par des formes artistiques à faire émerger l’épaisseur d’une histoire complexe sans en maquiller les contours, sans en exagérer les troubles, sans oublier les débats contradictoires de la scène démocratique d’une institution diffusant et fabriquant des savoirs. Si l’université joue encore un rôle dans la cité, comment est-elle agitée par cette dernière et que peut-elle en conserver qui alimente une mémoire en devenir permanent ?

Au cours de ces entretiens filmés, Arnaud Théval dialoguera tour à tour avec un philosophe, un archiviste, une psychanalyste, une juriste et un chercheur en littérature sur la fabrique de la mémoire, les enjeux qu'elle constitue pour une institution, et les usages qui en sont faits. Les spectateurs sont invités à prendre part aux discussions afin d’ouvrir des pistes de réflexions.

PROGRAMME

Un accueil café sera proposé en amont de chaque dialogue en salle 310
 

9h30 | Benoît Auclerc, maître de conférence en littérature française,
Université Jean Moulin Lyon 3


Si la poésie et la littérature sont des moyens de nous saisir de nos souvenirs, de les croiser avec ceux des autres, de fabriquer un imaginaire commun. À quels moments les expériences esthétiques et politiques de l’art dans une institution contribuent-ils à donner du corps à la mémoire de cette dernière ? L’art peut-il quelque chose dans la fabrique du récit institutionnel ?

Benoît Auclerc
Benoît Auclerc est Maître de conférences en littératures française et francophones des XXe et XXIe siècles à l'Université Jean Moulin Lyon 3 depuis 2008. Ses travaux portent sur la poésie moderne et contemporaine, notamment sur les relations entre poésie, genre et politique. Il a en particulier consacré de nombreux travaux à Francis Ponge : co-direction, avec Bénédicte Gorrillot, du numéro de la Revue des Sciences Humaines consacré aux Politiques de Ponge (2014) ; édition critique de la correspondance complète avec Prigent (Une relation enragée (1975-1986), L’Atelier contemporain, 2020).

Il a par ailleurs dirigé avec Yannick Chevalier le volume Lire Monique Wittig aujourd’hui (Presses universitaires de Lyon, 2012). Il a coordonné un volume consacré à Nathalie Quintane (Éditions Classiques Garnier, 2015), et consacré divers articles à des poètes contemporains (Anne-Marie Albiach, Danielle Collobert, Jean-Marie Gleize, Emmanuel Hocquard, etc.). Depuis 2021, il est chargé de mission à la culture de l'Université Jean Moulin - Lyon 3.
 

11h | Maxime Mariette, professeur de philosophie
et doctorant en philosophie, Université Grenoble-Alpes

La philosophie peut-elle nous aider à penser des récits de vies et à les rendre existants dans une institution normative ? Le récit de soi et le récit des vies mêlées des habitants de l’institution permettent-ils de contribuer à produire du commun au sens d’une altérité contraignante pour l’institution ?

Maxime Mariette
Après des études de philosophie à l’Université Jean Moulin Lyon 3, Maxime Mariette a enseigné la philosophie en lycée durant huit ans. Il est actuellement doctorant en philosophie, attaché à l’Institut Philosophique de Grenoble (IPHIG) de l’Université Grenoble-Alpes (UGA). Se spécialisant dans l’étude et l’actualisation de la pensée de Michel Foucault, ses travaux portent sur les effets politiques des discours de vérité et les conditions d’émergence de la subversion.


 

14h | Raefa Jallouz-Schweitzer, psychologue
& psychanalyste en milieu scolaire

Lorsque la psychanalyse travaille les sujets dans les institutions, travaille-t-elle aussi à la transformation de l’institution ?
Comment faire dialoguer une mémoire institutionnelle restaurée et l’hypothèse d’un trou de mémoire salutaire ?

Raëfa Jallouz-Schweizer
Psychologue clinicienne et psychothérapeute, Raëfa Jallouz-Schweitzer est diplômée de l’université Paris VIII. Orientée par la psychanalyse, participante à la Section clinique de Strasbourg et de Lyon, sous l’égide de l’université Paris VIII et de l’Ecole de la Cause Freudienne, elle a exercé en psychiatrie et en réanimation dans un hôpital d’instruction des Armées. Diplômée en Communication et Sciences du langage, ainsi qu’en Français Langue Etrangère, elle a parallèlement occupée le poste d'enseignante-coordonnatrice d'ULIS (scolarisation des élèves porteurs de troubles cognitifs en Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) en primaire et en collège.

Elle exerce actuellement en tant que Psychologue de l’Education Nationale en primaire et a également une activité de consultation et d’expertise en libéral."

 

15h15 | Thibaud Vigneresse, archiviste, Université Jean Moulin Lyon 3

La constitution même d’une archive institutionnelle, si elle dépend des ordonnances de l’État, peut-elle être soutenue par des choix locaux œuvrant pour une pluralité des récits ? Comment l’archive individuelle, a priori anodine aujourd’hui, peut-elle être récoltée et devenir une ressource pour saisir ce qui agite l’université dans la cité ?

Thibaud Vigneresse
Thibaud Vigneresse est responsable du pôle Archives au sein de l’Université Jean Moulin Lyon 3. C’est en réalisant un mémoire en histoire politique qu'est né son intérêt pour la profession d’archiviste, dans laquelle il s‘est spécialisé en obtenant un master en 2007. Après avoir démarré sa carrière dans une entreprise prestataire, il a réalisé des missions de prise en charge de fonds d’archives pour des entreprises et administrations sur l’ensemble du territoire français.

Il intègre en 2010 la Communauté urbaine de Lyon et devient responsable de la collecte et du traitement des archives en provenance de l’ensemble des services de la collectivité. Il y passe 6 ans durant lesquels il apprend à intégrer et adapter les pratiques d’archivage au fonctionnement d’une grande entité publique. C'est ensuite qu'il prend la tête du service des archives municipales de Villefranche-sur-Saône qui inaugure les nouveaux locaux dédiés à l’accueil du public. En 2018, il rejoint l’université Lyon 3, où il travaille notamment à accompagner les démarches de dématérialisation pour préserver le patrimoine de l’université sous de nouveaux supports.


 

16h30 | Anne-Sophie Chambost, professeur des Universités
en Histoire du Droit, Sciences Po Lyon
Le droit peut-il nous aider à travailler la normativité d’une institution et la modifier ? La fabrication d’une nouvelle archive codifiée par le droit peut-elle être une contrainte institutionnelle permettant d’émanciper l’institution d’elle-même ?
Anne-Sophie Chambost

Anne-Sophie Chambost
Professeure d’histoire du droit, ses champs de recherche se déploient essentiellement dans deux directions : l’étude des rapports du droit avec l’anarchie (XIXe-XXe) et tout ce qui a trait à une approche matérielle de l’histoire des savoirs juridiques (production, circulation/diffusion, conservation desdits savoirs). Si un lien doit être fait entre ces deux champs de recherche, nous pouvons dire que ses travaux s’attachent plus particulièrement à souligner la nécessaire contextualisation politique de la production des savoirs juridiques (ainsi que des règles juridiques qui sont l’objet de ces savoirs spécifiques). Elle dirige en outre la collection Contextes. Culture du droit (ex. LGDJ Lextenso, désormais La mémoire du droit).