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Les D.U. Passerelle, un accompagnement vers l’avenir
La Direction des Relations Internationales a mis en place il y a plusieurs années ce diplôme universitaire destiné aux étudiants en exil. Comment la formation a-t-elle évolué et quelles sont les perspectives futures ? Entretien avec Fabienne Ferrerons, coordinatrice administrative des D.U. Passerelle.
- Parlez-nous des DU Passerelle : comment fonctionne le programme aujourd’hui et à qui il s’adresse concrètement ?
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Le DU Passerelle est un diplôme universitaire annuel destiné aux étudiants en exil. Ce terme regroupe différents profils d’étudiants qui ont été contraints de quitter leur pays et qui ne peuvent plus y retourner en sécurité, comme les demandeurs d’asile, les réfugiés ou les bénéficiaires d’une protection internationale ou temporaire. Le programme s’adresse à des personnes ayant au minimum validé l’équivalent du baccalauréat dans leur pays d’origine et souhaitant reprendre des études dans l’enseignement supérieur en France.
L’objectif principal du DU Passerelle est d’accompagner ces étudiants dans leur intégration universitaire. Le dispositif propose des cours de français, mais aussi un accompagnement à la maitrise des codes et de la méthodologie universitaire.
La formation est organisée en plusieurs niveaux débutant, intermédiaire et avancé, afin de s’adapter aux besoins des étudiants. Les niveaux débutants se concentrent surtout sur le français langue étrangère et les outils informatiques de base. À mesure que les étudiants progressent, les enseignements deviennent plus variés : méthodologie universitaire, français sur objectifs universitaires, découverte de la culture française, et même la possibilité, pour les niveaux les plus avancés, d’assister à certains cours universitaires en tant qu’auditeurs libres, selon leur futur projet d’études. - J’aimerais que vous reveniez sur votre rôle et sur la manière dont vous accompagnez les étudiants au quotidien, ainsi que sur les différents dispositifs mis en place autour du programme.
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Mon rôle est celui de coordinatrice administrative du DU Passerelle. Concrètement, je veille au bon fonctionnement du programme en lien avec les équipes pédagogiques et les différents services de l’université impliqués dans l’accompagnement des étudiants. Je suis en contact avec les étudiants dès leurs premières démarches : je les accompagne dans leur candidature, j’organise les tests et les entretiens, puis je les suis tout au long de l’année dans la construction de leur projet d’études. L’accompagnement ne se limite pas au cadre académique : il concerne aussi les démarches administratives, l’orientation, ou encore certaines difficultés du quotidien, comme la recherche de logement.
Le programme repose également sur un travail collectif avec plusieurs services de l’université. Le CIDO propose des ateliers d’orientation et d’aide à la reprise d’études, le BAIP accompagne les étudiants dans leur insertion professionnelle à travers des ateliers CV, lettres de motivation ou préparation aux entretiens. Les étudiants peuvent aussi participer à des modules soft skills du Pôle Réussite et à des activités linguistiques organisées par le Centre de compétences en langues (CCL).
Nous travaillons également avec des psychologues afin de prévenir le décrochage et d’offrir un espace d’écoute aux étudiants qui peuvent parfois traverser des situations personnelles ou administratives complexes. Une partie importante de mon travail consiste également à développer des partenariats avec des associations et des acteurs du monde professionnel afin de renforcer l’accompagnement proposé aux étudiants et de faciliter leur intégration dans l’enseignement supérieur et, plus largement, dans leur futur parcours professionnel. - Pouvez-vous nous expliquer comment le programme a évolué récemment, et quelles initiatives ou améliorations ont été développées pour mieux répondre aux besoins des étudiants ?
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Le DU Passerelle a beaucoup évolué au fil des années afin de mieux s’adapter aux profils et aux besoins des étudiants accompagnés. Initialement, le programme ne comptait qu’un groupe avancé, mais de nouveaux niveaux ont progressivement été ouverts pour répondre à des situations de plus en plus variées. L’une des évolutions a notamment été la création d’un groupe débutant après l’arrivée de nombreux étudiants ukrainiens qui ne parlaient pas français. Il est alors apparu nécessaire de proposer un accompagnement adapté à des étudiants ayant besoin d’acquérir les bases linguistiques avant d’envisager une reprise d’études dans l’enseignement supérieur français.
Le programme a également renforcé sa dimension humaine et psychologique. Le simple fait d’être étudiant en exil ne suffit pas à créer une cohésion entre des étudiants aux parcours, âges et cultures très différents. Des ateliers animés par des psychologues ont donc été intégrés au dispositif afin de favoriser les échanges, la cohésion de groupe et la création d’un espace sécurisant pour les étudiants.
Ces évolutions ont permis d’améliorer l’accompagnement global proposé par le DU Passerelle, aussi bien sur le plan pédagogique qu’humain, et de mieux prendre en compte les réalités parfois complexes vécues par les étudiants en exil. - Si vous deviez nous parler de l’impact du DU Passerelle sur les étudiants, qu’est-ce qui vous marque le plus dans leurs parcours ou leurs retours ?
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L’impact du DU Passerelle est avant tout humain. Au-delà de la réussite universitaire, le fait de redevenir étudiant et de retrouver une place au sein de l’université représente déjà une étape très importante pour beaucoup de participants. Le programme leur permet de se projeter à nouveau dans l’avenir, de retrouver un cadre, mais aussi de vivre une véritable expérience d’intégration au sein de la vie universitaire française. Ce qui marque particulièrement, c’est que les étudiants ne sont plus seulement définis par leur statut administratif ou leur parcours d’exil : ils redeviennent des étudiants « comme les autres », avec un accès aux mêmes services, aux mêmes espaces et aux mêmes opportunités. Cette expérience est souvent vécue de manière très positive par les étudiants.
Bien sûr, les parcours restent parfois fragiles, car beaucoup d’étudiants doivent faire face à des difficultés importantes liées au logement, à la précarité financière, à leur situation administrative ou encore à des traumatismes personnels. Malgré cela, le programme permet à de nombreux étudiants de poursuivre des études dans l’enseignement supérieur, et certains ont aujourd’hui obtenu un diplôme ou intégré le monde professionnel après leur passage par le DU Passerelle. Ce sont ces parcours de reconstruction et de reprise de confiance qui restent les plus marquants. - Comment voyez-vous l’évolution des DU Passerelle pour l’année prochaine ? Quels sont les projets ou pistes de développement envisagés ?
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Pour les années à venir, l’un des principaux enjeux sera de continuer à renforcer l’accompagnement proposé aux étudiants après leur passage en DU Passerelle. Aujourd’hui, le programme offre un accompagnement très encadré et un suivi important grâce aux équipes pédagogiques, aux psychologues et aux différents services mobilisés autour des étudiants. L’objectifs est donc d’améliorer la transition entre le DU Passerelle et l’entrée en licence ou dans d’autres formations de l’enseignement supérieur. L’idée est de développer davantage les liens avec les différentes composantes de l’université afin de faciliter l’intégration des étudiants dans leurs nouveaux parcours et d’éviter certaines situations de décrochage.
Le développement de partenariats avec les associations et les acteurs du monde professionnel reste également une priorité, afin de proposer davantage d’opportunités d’accompagnement, de stages ou de découvertes du monde professionnel. Le programme continue d’évoluer en fonction des besoins des étudiants et des contextes internationaux, avec la volonté de proposer un accompagnement toujours plus adapté aux réalités vécues par les étudiants en exil tout en gardant l’exigence universitaire qui fait la force de ce programme.
Contact
Fabienne FERRERONS
etudiants-exil@univ-lyon3.fr
