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Exposition virtuelle - Photo & écriture | L'empreinte de nos mains

Publié le 29 mars 2020 Mis à jour le 14 avril 2020
Mains ©Matthias DISTEFANO
Mains ©Matthias DISTEFANO

Un surprenant récit photographique né de la rencontre entre les étudiants de deux ateliers.

Exposition croisée de textes et photographies par les étudiants

de l'atelier photographie dirigé par David VENIER &
de l'atelier d'écriture dirigé par Marie-Lise PRIOURET, association E dans A.
Suivez les lignes de la main qui écrit, imagine ou fixe l’image… elles conduisent de tableau en tableau un récit à plusieurs voix.

 




 

Collision dansante

Photo : Léna DUPRÉ
Texte : Charlotte MESMIN




 
Une main, un flou, un jeu de lumière
Une ombre projetée sur les carreaux,
Une autre main se devine.
Flot qui s’échappe et bascule,
Rebondit sur les obstacles.
Et quels obstacles ! Les mains comme entonnoir,
Mais l’eau, petite maligne, coule.
Elle passe ses rudes écluses.
Elle s’éparpille, se disperse.
Avec grâce et fracas,
Elle épanche sa joie.

Au fond de l’évier, l’euphorie se dissipe.




 

Des ténèbres à la lumière

Photos : Émilie NGUYEN
Texte : Josué TSOGBÉ


&

Aller - Retour

Photos : Émilie NGUYEN / Texte : Ulysse RENAULT




 





 

Désir

Photos : Charlotte MABROUKI, Mirana MONTI
Textes : Axelle AMOUROUX




 
Apercevoir l'éclat d'une étoile, et laisser dans sa contemplation freiner la course du monde, jusqu'à oublier le reste.
On tâtonne dans l'ombre.
[...]




 

Heure bleue

Photos : Lise-Laure GRAFF-MARECHAL,
Anton STELMACH, Myrtille LASTENNET
Textes : Hakan AKMAN



 
I.
Figé dans une quiétude crépusculaire,
Le souffleur insufflait sa sphère,
De plumes animées par la brise,
Qui approchaient les étoiles tristes,
Pour leur susurrer des amours bleutées.
II.
Il avait revêtu le ciel si frileux,
D’un manteau tricoté par le feu,
D’où les étoiles vacillantes filaient.
Elles découvraient un jaune blé,
Qui, gracieusement, dévalait vif et ondulé.
III.
Sitôt éprises par Morphée,
Elles avaient craquelé l’Élysée,
Qui les aveuglait un soir d’hiver,
D’une lueur bleu outremer.
IV.
Dans ses rêveries aussi,
il se promenait, vagabond,
Et attelait mers et astres.
Il vaguait, solitaire et navré,
Timidement bercé dans un radeau moribond,
Voilé par des mains essoufflées.





 

La vérité d’obscurité et la lumière mensongère

Photo : Alexandru CIORNII
Texte : Corentin VIRICEL




 
La vérité d’obscurité et la lumière mensongère

Cependant, le tissu de mensonges qui la sépare de la vérité n’est pas infranchissable. Un jour ou l’autre, la main habile du travailleur persévérant saura trouver sa voie – se frayer un passage dans les méandres de la facilité – et agir sur le monde pour le transformer à tout jamais, pour le rendre plus lumineux, et pour donner à cette lumière une accessibilité pour tous. La vérité saura triompher de ceux qui l’ont usurpée.
Elle reste prisonnière, contrainte à la solitude et au désir de cette lumière qu’elle ne comprend pas et qu’elle ne peut atteindre.
Elle ne doit pas l’oublier. Elle ne doit jamais l’oublier.

Celle qui était passive s’éveille à cette agréable chaleur qui l’enveloppe toute entière ; intriguée, elle tente de se frayer un chemin vers l’extérieur, de sa démarche tremblotante de nouveau-né spirituel. Mais un voile de mensonges l’empêche d’aller plus loin, et elle ne peut que palper la douceur de ce monstre qui la retient. Si beau, si délicieux, si charmant, si confortable ; le mensonge semble tellement amical.

La douce lumière traverse le souple tissu derrière lequel repose l’acte d’agir. Lentement, la clarté s’impose – pâle lever de soleil dans une prison de ténèbres.




 

Le bûcheron en fer blanc

Photo : Alexandru CIORNII
Texte : Léna BORNE



 

Le bûcheron en fer blanc
qui m'a volé mes chaussures?
je vais vaguer à l'âme parmi les érables qui bavent
qu'il faille sublimer l'absence de rien ?
surélevée par des sentiments sans bras et tiens, sans yeux

je m'écrase du coton rose dans mes veines un voile bleu sur ma gorge
tour d'ivoire haute comme un éléphant
rien à voir avec ce désert bleu d'où monte une main étrange
monte jusqu'à la mienne pour frapper mes vers luisants
je suis en colère; c'est les miens !

les marins tirent les écluses comme je déteste les imitateurs de Michel-Ange
assise dans un salon dans l'absence de rien
désert pourri et sans yeux et sans pluie et puis
brodé de trombe et tout tombe et personne ne voit rien, monsieur !

par exemple, je resserre ma ceinture
pourquoi il n'y a rien ici?
vers luisants qui coulent jusqu'à mes oreilles et dans mon cerveau
j'ai mal

je crois que le cas échéant, c'est prouver l'impossible
à la ligne j'écris qu'après tout, il n'y a jamais eu de grand rectangle
et que la seule raison pour laquelle je ne fais pas partie des mourants, c’est que
bing beng bong vous êtes tous des incapables




 

Passages

Photos : Lise BOUCHET, Alexandru CIORNII
Texte : Mathilde CAREDDA, Luc MERLAUD




 
Passages
Elle nous bloquera, nous empêchera d’aller où bon nous semble,
Nos mains se poseront autour, tristes et désespérées
Il sera alors impossible que nous passions, bloqués
Condamnation qui nous touchera tous ensemble

Opaque pour nous restreindre, assez limpide pour que nous imaginions
Nous laissant seulement profiter des reflets
De tout ce que l’on ne pourra toucher
Vaste espace de rêve avec lequel il n’y aura jamais de communion.

Alors je commencerai par l’admirer
Je me rapprocherai de plus en plus près,
Puis du bout des doigts, je l’effleurerai,
Pour ne jamais nous quitter,

Et d’un coup je l’empoignerai avec force,
Tel un animal féroce
Qui ne pourrait laisser partir sa proie,
Viens dans mes bras, encore une fois

Lorsque le soleil se lèvera
Je ne pourrai rester
Au risque que notre secret,
Soit dévoilé au grand jour,
Alors du bout des doigts je l’effleurerai,
D’un pas indécis, je m’en irai,
Et je la reverrai demain.




 

Tiens regarde !???

Photo : Alexandru CIORNII
Texte : Lyes MOLA





Tiens regardes !??? - Poème





 

Toi

Photos : Élise PERALDI, Julien RAFLÉ
Texte : Lou CAMILLI




 
Toi
Te parlé-je ? Ou est-ce en moi
Que je raconte mes émois ?
Sacré Silence, te parlé-je ?
Sont-ce tes voix ? Ou est-ce un piège ?

Oh Toi le Bon ! Oh Toi le Tendre !
As-tu une ouïe pour m'entendre ?
Toi le Cruel ! Toi le Mauvais !
As-tu un cœur pour m'écouter ?

Suis-je ainsi seule à Te parler ?
Ou tous les hommes font-ils concert ?
Suis-je ainsi seule à Te hurler ?
Tous les autres semblent se taire.

Est-ce pour Toi que je murmure
Tous mes secrets, tous mes silences ?
Est-ce pour moi que je susurre
Mes énigmes et mes jouissances ?

Toi le Masqué ! Toi l'Inconnu !
Cesseras-tu de Te cacher ?
Toi le Rieur ! Toi le Rusé
Aimes-tu tant me voir perdue ?

Te parlé-je ? Ou est-ce en moi
Que je raconte mes émois ?
Sacré Silence, te parlé-je ?
Sont-ce tes voix ? Ou est-ce un piège ?





 

Traces

Photo : Francesca CATALANO
Texte : Lucie BROUZE





Ce sont deux étoiles perdues,
Dans des galaxies de ténèbres.
Le contact brusquement rompu
Les laisse tristes et funèbres.

Leur monde est ténu, éphémère.
Ébauches, esquisses, frissons
Sont leur opium, leur atmosphère.
Elles ne vivent que d’unions.

Quand même la voix sait mentir,
Sans cesse elles tremblent d’émoi,
Craignent que l’on brise l’empire
Des sensations qui fait loi.

Elles conservent les idylles,
La forme des corps et des larmes,
Cette griffure indélébile
Où demeurent gravées des âmes.





 

Tu dérives... On t'embarque

Photos : Anton STELMACH
Textes : Axelle AMOUROUX, Lou CAMILLI



 

Les griffes se plantent dans ta chair, diffuses, partout à la fois. Presque invisible, tu peines à discerner son ombre qui te suit toujours. C’est une brume évanescente qui t’étouffe au moindre doute. Tu la sens, qui te regarde de loin, ou se faufile jusqu’à toi. L’insidieuse se glisse sous tes vêtements, pénètre ta gorge, s’engouffre dans tes poumons, et comprime. C’est là qu’elle se loge pour s’élargir. Elle se répand empoisonnant tout ton corps. Tu trembles et veux la faire couler par les yeux. En vain. Elle s’agrippe trop fort, poisseuse, tout contre toi.
L’angoisse.


 
« Attends ! » Elle se retourne vers lui. Ses yeux se posent sur sa main tendue, ouverte pour elle. Il lui sourit. « Viens-là, ma chérie ». Il lui ouvre ses bras. Les siens se crispent. L’hésitation prend possession de son corps, part de la tête, descend jusqu’aux pieds qui font du sur-place. La nausée lui sert le cœur. Elle voit les crocs derrière la douceur des lèvres, la gifle qui pulvérise la caresse. Elle voit trouble, surtout. L’autre s’impatiente et se dédouble sous ses yeux. Pas de clone pourtant. Le sosie apparu grandit et s’étale, difforme.
Et elle court.

 
ON Y VA !
Tout le monde est là ? Personne ne vous a suivis ? — Arrêtez de piailler un peu ! — Oui ben ça va. J'ai une voix qui porte. C'est de ma faute ? — On pourrait peut-être se dépêcher... Il fait froid ici... Et puis il fait tout noir... Je veux partir... — Commence pas à flipper toi ! — Tu vois bien qu'il en peut plus. — C'est ça le problème ! Il en peut plus alors qu'on a encore rien fait ! — Sinon, vous avez tout ce qu'il faut ? Je suis tellement excité.— Oui ! — Ok pour moi. — Je sais pas... Je le sens pas... — Mais qu'il est lourd ! On aurait jamais dû lui dire de venir ! — Faut faire avec maintenant. — Chacun a ce qu'il faut ? Vous n'avez rien oublié ? Vous avez pensé à prendre les... — Mais on va s'y mettre oui ! Ça fait une heure qu'on papote et rien n'avance ! Et l'autre qui arrête pas d'angoisser ! Ça m'fout les nerfs en boule cette affaire ! — Calme-toi. — Mais heu... Juste pour savoir : vous l'avez déjà fait vous ? J'veux dire, pour de vrai ? Enfin, je l'ai déjà fait hein... Enfin quasiment quoi, c'était quasiment ça... Mais pas comme ça, pas de cette manière quoi... Enfin... Vous voyez ? — Qu'est-ce que tu nous chantes ? Tu veux dire que t'as jamais... — Ben non. Enfin si ! Mais pas au sens strict quoi... — Non mais je rêve ! Quelle équipe ! On pourra jamais y arriver avec vous ! — Ah parce que toi t'es un spécialiste ? — Non. C'est pas ça. Mais... — Alors arrête un peu ! Tu fais celui qui sait tout, qui prend tout le monde de haut, tu nous fais tout un cinéma... Mais au fond, toi aussi tu flippes. Tu nous plombes ! Y'en a marre. T'es pas mieux que nous. Tu dis que tu veux le faire, mais ça te fait mal au bide comme nous. — Et puis merde ! Vous voyez pas qu'on est coincés ! On va jamais y arriver ! — T'as peut-être raison... Ça sert peut-être plus à rien... — Alors quoi ? Ça y est vous baissez les bras ? Vous renoncez juste avant ? Mais réveillez-vous enfin ! Depuis le temps qu'on en a envie ! — T'as raison. — On y va ? — Allez. (Se donnent la main) Prêts ? — (ensemble) ON Y VA !




 

Typographie d'une ascension

Photos : Francesca CATALANO, Mattéo SEIGLE-BUYAT
Textes : Pauline DEFELIX, Anne-Claire LAURENSON,
Djena BEY, Abeer BENYAHIA



 


Dans le jardin.
Enfant enfuie
Le sol est déjà loin,
L’arbre est mon ami.
Mes rêves abondent
L’été sent les fruits
J’enlace mon monde
Le sol est déjà loin.



Mes jours d’errance dans ce dédale avaient été accompagnés par d’interminables bruits, repoussant même le sommeil.

« Est-ce la mort ? » demandai-je, peut-être à haute voix.

« Non, me répondit un fin murmure, les morts ne ressentent ni faim, ni douleur. Mais surtout, continua-t-il, l’autre monde n’abrite pas d’arbres. »

Et c’est à ce moment-là que la réalité me rattrapa. Après être passé devant un millier d’arbres, mes doigts secs étaient enfin capables d’en atteindre un. Mes mains désespérées agrippaient le tronc et mes pieds s’activaient de leur propre volonté. Une grande inspiration me permit de remplir mes poumons de la douce fragrance entourant le tronc et je réunis mes dernières forces avant d’entamer mon ascension.

L’idée que je serais enfin libre traversa mon esprit et, sur mes joues humides de larmes, se dessina un sourire. Mon cœur battait follement, euphorique. Atteindre le haut de l’arbre me permettrait de briser ma malédiction.

Il est dit que la liberté n’a pas de forme mais ma rencontre avec elle en allait autrement : c’était le tronc rugueux qui blessait mes paumes, les lisses feuilles dont les tiges accueillantes s’enroulaient autour de mes mains et la rosée encore visible sur les blancs pétales des fleurs.

 

Un, deux, trois
Écoute-moi


 

Tu dois surement te demander qui je suis ?
Vois-tu, je suis ta liberté, la liberté que personne ne peut piller.
Je suis la réalité que tu veux assouvir mais qui est enfouie.

Le sommeil est ma subsistance.
Et quand l’aube atteint, par ses premiers rayons, la main qui cueille le fruit à la fin du chant d’été
J’apparais à la vie comme l’espoir au désespoir.
Ainsi, je suis l’échappatoire qui peut émouvoir en étant le déversoir de ton âme.




Tu m’oublies et devenant comme ce fruit prêt à tomber, je m’éteins un instant pour briller autre part.

Au temps qui m’attache, je me détache ayant comme tâche d’être dispache.

Voilà que maintenant, tu t’efforces de me joindre avec ta conscience.
N’as-tu toujours pas compris qui je suis ?

Je suis partout et nulle part à la fois, mais pour m’atteindre tu dois perdre du temps,
perdre le temps dans le temps.


 

Perdu dans les vignes, je ne voyais rien, que des branches qui s’entortillaient entre elles décorées de feuilles rouges, jaunes, marron à moitié déchirées.

Le soleil se coucha, le noir s’installa et je fus seul face à mon sort incertain.

Cependant, je vis une main, au loin, derrière ce décor croupissant. Rempli d’espoir, je cours et crie à l’aide afin de m’enfuir de ce labyrinthe sans sortie.
La main était éblouie par un rayon de soleil couchant. Si cette main reste une main et que le corps n’apparaît pas, je serai maudit à vagabonder dans ce labyrinthe.

Que faire ?

La main cueillit un fruit de la branche, la prit avec elle puis disparut.

Ce petit signe de vie dans le paysage ne suffit pas à me sauver.


 


 

Un peu de nuit avant l'aurore

Photos : Lou HAUTBERGUE, Sarah MILHOU
Textes : Safia AIT EL JAMAR , Charles ROBICHON, Axelle AMOUROUX




La bohème de la nuit me raconte ses rêveries : mener une vie d’artiste et filer fou comme une étoile. Ses cheveux s’essoufflent dans la nuit, comme un oiseau qui tombe de son nid. Elle chante ses peines en riant et s’exalte de les vaincre d’une pluie diluvienne, d’une sérénade sereine.

Les lumières du palais de la connaissance s’enivrent Rose Bleu Rouge et sa main s’élève dans les airs prêchant une seconde naissance. Elle implore les cieux de lui laisser une seconde chance ; invoquant les éléments d’une chanson, elle les supplie de lui venir en aide à l’unisson. C’est ainsi que je suis apparu tout mignon, pour l’accompagner dans ses tourments, être son compagnon.

Cette nuit la bohémienne qui contait ses rêveries était mienne. Sa main se lovait dans les airs à travers les lumières néons du savoir, comme lorsque son bassin serpente entre mes draps à travers une pluie d’amour et la venue du jour.


 

Pour éviter le game over
T’as attrapé son cœur
C’est louche
Plus louche que la cigarette
que tu portes à ta bouche

Tes problèmes te noient
T’as du mal à respirer
Tu tires une taffe pour t’en tirer
Ton taff commence à te les briser

Tes sentiments se broient
Ton sang-froid diminue
Il t’a suffi de dix minutes
Pour aller dans l’au-delà



 
La ville s’amuse
à repousser la nuit
La fille s’amuse
à repousser l’ennui
Les couleurs fusent
pour repousser le risque
Dans une muse
qui repousse les limites
Une simple ruse
comme une pousse de vie




 
Lectures : Juliette AIROLDI avec Catherine, Bruno et Pauline, Safia AIT EL JAMAR, Axelle AMOUROUX, Louise BALTERA, Leïla EL KHOUDRI, Mickaël FROPPIER, Lisa LIOTARD, Sibyle LUCCHINI, Juliette RINDONE