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DEMARS Aurélien

Le pessimisme jubilatoire de Cioran. Enquête sur un paradigme métaphysique négatif.

Publié le 19 mars 2008 Mis à jour le 17 novembre 2008

Thèse de Philosophie, soutenue le 15 octobre 2007.

Que signifie la lucidité dans la pensée de E. M. Cioran (1911-1995), sachant que son pessimisme radical laisse pourtant place à une jubilation non moins intense ? Cioran assigne une direction singulière à la pensée contemporaine, direction dont elle n'a pas fini de s'inquiéter : il est question de "recommencer la Connaissance" et de ménager néanmoins un "hédonisme à rebours". A l'aide d'une double herméneutique (de l'infini et de la clairvoyance), cette thèse se propose d'enquêter sur la philosophie cioranienne du pire à l'aune de ses enjeux métaphysiques, et s'articule selon cinq moments distincts : en partant d'une détermination de ce que signifie précisément ce pessimisme, en s'interrogeant ensuite sur la distinction fondamentale et charnière de la chute dans le temps et du temps, puis en cernant les différents degrés de la lucidité elle-même, avant de retracer son ontologie négative, pour finalement aboutir à une étude des limites métaphysiques, heuristiques et affectives de cette lucidité. L'écartèlement de la conscience lucide est au cœur d'une refonte de la notion de sujet, scindé entre le soi et le moi, déchiré entre conscience et vie, partagé entre la tentation de mourir et la tentation d'exister, tiraillé entre la connaissance du mal et la jubilation. L'enquête suivie ici tente ainsi d'investir l'espace creusé par cet entre-deux instable, qui vacille sans cesse d'un extrême à un autre, et qui scande le rythme d'une pensée organique vivant à ses limites, pensée qui, toujours sur une brèche existentielle, s'écrit entre sens et silence.
Mots-clés : E. M. Cioran (1911-1995) ; philosophie française et roumaine ; métaphysique ; pessimisme ; connaissance ; joie ; mal ; théologie négative ; gnosticisme ; Orient et Occident. Directeur de thèse : Jean-Claude BEAUNE Membres du Jury : Roland QUILLIOT, Université de Bourgogne Michel JARRETY, Université Paris IV Sorin VIERU, Université de Bucarest Jean-Jacques WUNENBURGER, Université Jean Moulin Lyon 3 Jean-Claude BEAUNE, Université Jean Moulin Lyon 3 Mention : Très honorable Équipe d'accueil : Institut de recherches philosophiques