CHATHA, compagnie de danse

En résidence d'artistes à Lyon 3 | 2020 - 2022


CHATHA@Blandine SOULAGE Créée en 2005, la compagnie de danse CHATHA porte le travail de création, de résidences et de diffusion des chorégraphes Aicha M’BAREK et Hafiz DHAOU.

Depuis la création de la compagnie, interprètes, régisseurs, éclairagistes, créateurs de musique, vidéastes et illustrateurs gravitent autour des danseurs et chorégraphes.

Danse, études de cinéma, rencontres avec réalisateurs, metteurs en scène, musiciens et plasticiens, voyages aux quatre coins du monde… Autant de chapitres qui se succèdent devenant la matrice d’une pratique artistique qui rend visible, à travers la danse, le corps engagé et son inter-réaction avec d'autres langages artistiques et culturels.


Dans leurs spectacles, composition et corporalité s’articulent pour renouveler l’écriture contemporaine ; les propositions chorégraphiques surgissent du contexte dans lequel la compagnie agit et crée, donnant corps à des œuvres immersives participatives mettant en lien publics et danseurs avec leurs convictions les plus intimes, avec l’autre et avec sa perception.

 
Les danseurs de la compagnie :

Aicha M’BAREK & Hafiz DHAOU, chorégraphes
Grégory ALLIOT
Johanna MANDONNET
Rolando ROCHA

 
CHATHA@Blandine SOULAGE        CHATHA@Blandine SOULAGE        CHATHA@Blandine SOULAGE



 
Ce n’est pas la manière dont les gens bougent qui m’intéresse,
mais ce qui les fait bouger.
Pina BAUSCH   
 



Corps politique, esthétique poétique

Une résidence croisée
Au fil des trois ans durant lesquels se déploiera cette résidence et sublime aventure artistique, la compagnie CHATHA nous invitera à danser, écouter, lire, débattre, écrire, regarder…

 
Rendre visible les différentes facettes de la création artistique - économiques, sociétales, politiques, esthétiques - et leurs relations étroites. Faire de l'œuvre chorégraphique, de ses questionnements et de sa poésie, un point de dialogue et de réflexion.



 

Chassé-Croisé

Défilé de la Biennale de la danse de Lyon - AFRICA 2020
Cette année, la compagnie nous emporte dans Chassé-Croisé, le projet chorégraphique pour le Défilé de la Biennale de la danse de Lyon - AFRICA 2020.

Africa 2020 À l’instar du pas chassé-croisé, où l’échange de place et de rôle dessine un mouvement de déplacement réciproque et simultané, danseuses et danseurs de tout âge ou provenance se rencontrent écrivant une danse à l’unisson, l’histoire d’un voyage faisant dialoguer deux rives de la Méditerranée. Un dialogue de corps qui, le temps d’une danse, au détour d’un regard, nous ouvre le cœur.

Un dialogue de culture à l’écoute et curieux, pour se mettre en mouvement ensemble dans le respect et la différence. Être à l’unisson sans perdre ses couleurs et ses valeurs. Une danse de circulation effaçant toute frontière au profit de la rencontre humaine.

Le temps d’un Chassé-Croisé.

 
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Infos & inscriptions

 


Autres créations...
En 2021, la compagnie CHATHA donnera à voir, à sentir, à rêver les pièces de son répertoire, liant spectacles, ateliers, projections, rencontres poétiques et conférences. Ces pièces seront l’occasion de s’approprier un langage chorégraphique qui puise son inspiration et sa raison d’être dans le magma de vie que chacun traverse et dans les écrits et les modèles artistiques ayant bercé les deux chorégraphes.

 
CHATHA@BlandineSoulage
          

Vu, Kawa, Sacré Printemps !, NARCOSE… Ces pièces vous transporteront, avec leurs corps prêts à faire face à toutes situations malgré la fragilité et les doutes qui les habitent en permanence, matière brute qui épouse toutes les postures, matière qui sonne et résonne.

Avancer, impulser, produire, montrer, circuler, articuler dans le suspens de multiples questions : corps en mouvement, codes et grammaire d’un discours engagé en résonance avec le contexte politique économique et social.

Viendra enfin l’année 2022, avec la création d’une pièce chorégraphique. À partir des pièces de la compagnie, les étudiants trouveront leur propre vocabulaire, dans un mouvement croisant transmission et cheminement de la création.



 

Vu

Qu’est-ce que l’on donne à voir ?
Des corps qui sécrètent une apparence. Des corps prêts à faire face à toutes situations malgré la fragilité et les doutes qui les habitent en permanence. L’émotion, la pureté, l’expérience, la passion, la peur, la générosité, l’ego, la fratrie, le vice, la rigueur... on se forge un soi qui régule les relations des uns avec les autres.

VU, c’est le paraitre, une carapace encombrante à porter. Matière brute, facile à maquiller en or ou en argent, matière robuste, qui épouse toutes les postures, matière qui résonne, qui sonne. Peut-être le reflet de la capacité que possède chacun à se créer une place unique.

Dans VU est propulsé sur scène le « prêt à tout faire » de l’homme. Les gestes explorent comment cela fonctionne, ce que l’on adresse à l’autre et ce que l’autre perçoit de nous. Carapace ou chrysalide ? Cet espace contient les postures et les comportements prêts-à-porter dont on s’habille pour poser, sans s’exposer en public.

En compagnie des danseurs, nous explorons le vestiaire de nos corps. L’inventaire de la garde-robe des apparences est une nouvelle aventure qui bouscule dogmes et traditions et découvre un champ libre où les attitudes prennent forme.


 
VU | Retour en images
21 octobre 2020 | Manufacture des Tabacs
Avec la participation du Groove Street Band

 
© David VENIER - Université Jean Moulin Lyon 3




 

Kawa, solo à deux...

10 ans après

De la danse aux mots... Des mots au mouvement... Affleurant d’un parterre de mille tasses à café, les corps et les voix se rencontrent et se lient sur les vers de l’immense poète palestinien Mahmoud DARWICH, dans une performance croisée entre danse et poésie.


Avec les étudiants du département d'études arabes dirigés par Tarek KHALIFA, enseignant à la Faculté des Langues de Lyon 3

Dans le cadre du festival Magnifique Printemps en partenariat avec l'Espace Pandora


 

[…] De tous les matins du monde, je ne veux rien d’autre que l’odeur du café, pour me reprendre me remettre dans mes pieds, me transformer d’animal rampant en être de raison […]

Le café, la première tasse de café, est le miroir de la main, de cette main qui tourne le breuvage, le café est déchiffrement du livre ouvert de l’âme, devin des secrets que le jour renferme […]
Mahmoud DARWICH
Une mémoire pour l’oubli, 1982



L’artiste chorégraphique s’invente en se saisissant du corps à corps de l’espace et du temps. Kawa est cet espace mental disputé à la contrainte. Kawa est le solo de l’être à reconstituer, comme on boit son départ pour un nouveau matin.

Kawa - CHATHA © Jeff RABILLON
De retour en solo – mais étoilé dans une écriture duelle – le corps de l’artiste visite d’autres bords et entrouvre de nouveaux contours.

Il profile, circule, articule, dans le suspens des questions qu’il veut accueillir sans craintes. Transgresseur d’identité, il défie sa solitude à deux.



Sur le plateau nu, on ne voit qu’elles : mille tasses de café blanches posées en tas sur le sol, masse compacte et brillante dont l’accumulation donne une lecture du temps immédiate et prégnante. Celle de temporalités qui se répètent et s’additionnent, gages tangibles d’une vie en cours et qui s’éprouve […]
Fabienne ARVERS, Les Inrockuptibles