Éthique - Philosophie - Esthétique

17200039 - Les Fondateurs de la philosophie

Crédits ECTS 5
Volume horaire total 24
Volume horaire CM 24

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Contenu

Licence 1 - Semestre 1 - Année universitaire 2021-22

Enseignant : Axel FOUQUET

Thème du cours : Action et contemplation dans la philosophie antique

Présentation du cours :
Les hommes n’ont pas attendu les philosophes pour réfléchir sur la bonne conduite de la vie. Mais la philosophie, dès (et surtout en) son origine, possède une irréductible spécificité, qui la distingue des enseignements d’Homère ou des sages maximes du temple de Delphes : elle fonde la droiture et l’excellence de la vie dans l’usage de la raison, et propose le salut par la connaissance. La sagesse philosophique est indissociablement sagesse théorétique et sagesse pratique, de sorte qu’elle n’est jamais simple hygiène de vie ou contemplation abstraite. Pourtant, les Pères de la philosophie ont donné des formes diverses à cette articulation (jusqu’à la remettre en cause), comme autant de chemins possibles à partir d’un même axiome.

Quels sont les rapports de la theôria (contemplation) et de la praxis (l’activité de l’homme dans sa dimension morale, voire politique) ? Il s’agira d’abord d’établir la richesse de sens de ces termes, que la traduction et l’histoire ont émoussés.

Notre cours envisagera deux questions, confrontant en priorité Platon et Aristote, mais ouvrant aussi sur les grandes philosophies postérieures (stoïcisme, épicurisme, scepticisme, cynisme).
  1. En quelle mesure la connaissance rationnelle intervient-elle pour guider l’action raisonnable ? Quelle connaissance est mise en jeu ? Nous étudierons les différents équilibres entre connaissance et action, et en premier lieu l’opposition entre le philosophe-roi de Platon et l’homme prudent d’Aristote.
  2. Quelle est la valeur de la vie contemplative ? Certains philosophes, comme Platon ou Aristote, ont pensé la contemplation intellectuelle comme la plus haute activité de l’homme, le rendant semblable au dieu. En quelle mesure la contemplation peut-elle être assimilée à une vie, et même une vie divine ? Et si tant est qu’une telle vie soit possible, le sage n’a-t-il pas le devoir de s’engager auprès de ses semblables ? La vie contemplative est-elle incompatible avec la vie politique ?

Bibliographie

En priorité (à lire durant l’été) :
  • Platon, Phédon.
  • Platon, La république, II-VII.
  • Aristote, Éthique à Nicomaque, I, II, III, VI et X.
  • Aristote, Métaphysique, A, 1-2.
  • Hadot, P. Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Paris, Folio essai, 1995.

Puis :
  • Epicure, Lettre à Ménécée.
  • Cicéron, Tusculanes.
  • Cicéron, Les Académiques, Livre II.
  • Sénèque, De la Tranquillité de l’âme.
  • Diogène Laërce, Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, Livre VI sur les Cyniques.
On pourra agrémenter ces lectures par quelques extraits des Lettres à Lucilius de Sénèque (et en particulier les Lettres 16, 68, 89, 94 et 95) et des Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle.
Par ailleurs, les trois volumes de compilation établis par A. A. Long et D. N. Sedley, intitulés Les philosophes hellénistiques (Paris, GF-Flammarion, 2001) sont de remarquables outils de travail pour l’étude du stoïcisme, de l’épicurisme et du scepticisme.

Littérature secondaire :
  • Aubenque, P. La prudence chez Aristote, Paris, PUF, 2014.
  • Brague, R. La sagesse du monde, Paris, Fayard, 1999.
  • Canto-Sperber, M. (dir.) La philosophie grecque, Paris, PUF, 1997.