Éthique - Philosophie - Esthétique

17200002 - Philosophie ancienne

Niveau de diplôme Licence - Semestre 2
Crédits ECTS 4
Volume horaire total 33
Volume horaire CM 18
Volume horaire TD 15

Responsables

Formations dont fait partie ce cours

Contenu

Licence 1 - Semestre 2 - Année universitaire 2022-23

Enseignants :

CM : Baptiste TOCHON-DNAGUY
TD : Christian GIRARD

TD de Christian GIRARD :

Thème du cours :
La colère dans la philosophie ancienne, auxiliaire ou adversaire de la raison ?

Présentation du cours :
La réflexion philosophique sur le statut de la colère a suscité une des plus virulentes et passionnantes querelles de l’Antiquité. D’un côté, la tradition dualiste représentée par Platon et Aristote, considère qu’elle est une impulsion naturelle inévitable qui, si elle est bien disciplinée, peut devenir "l’éperon" ou "la pierre à aiguiser" du courage au service de la justice. De l’autre, la tradition moniste, représentée principalement par les Stoïciens, l’envisage comme la plus "hideuse" et "enragée" des passions qui conduit immanquablement à la folie destructrice.

En amont, de cette querelle s’affrontent deux définitions de l’homme ; en aval, deux conceptions de la vie bonne. Pour les dualistes, le conflit entre rationalité et irrationalité se résout dans la tempérance ou la métriopathie qui consistent en un ordonnancement équilibré des tendances contradictoires qui constituent l’homme. Pour les monistes, la rationalité est l’apanage et l’essence de l’humanité qui s’exprime dans l’apathéia. L’irrationalité n’a pas d’existence positive : elle n’est que le produit d’une rationalité confuse qui s’égare en prenant la colère pour un bien et s’illusionne en croyant qu’elle peut composer avec elle.

Bien qu’il reste très peu d’œuvres de la foisonnante production à laquelle a donné lieu cette polémique, nous en avons conservé suffisamment pour comprendre les enjeux du débat. Nous déterminerons, pendant ce cours, dans quels termes le problème a été originellement fixé, mais nous envisagerons aussi les reconfigurations insolites auxquelles il a donné lieu. Nous constaterons ainsi que, après les affres des guerres civiles qui ont ensanglanté l’empire romain, Platoniciens − comme Cicéron, Plutarque, Galien, Plotin −, Stoïciens − comme Sénèque − et Épicuriens − comme Philodème − sans doute plus réservés sur la capacité des hommes à réformer le monde, sont tombés d’accord pour contester à la colère la dignité que lui avaient accordée Platon et Aristote.

L’objectif de ce TD sera de consolider la méthodologie de l’explication de texte en philosophie. L’ensemble des textes étudiés pendant le TD sera distribué lors de la première séance. Il faudra préparer pour chaque cours une explication. Le TD sera validé par deux évaluations.

Bibliographie

TD de Christian GIRARD - Bibliographie :

Corpus :
  • Platon, Timée, 70a-71e.
  • Platon, République, 439e-441b.
  • Aristote, Éthique à Nicomaque, 1125b25-1126b10.
  • Aristote, Rhétorique, 1378a31-1380a.
  • Philodème de Gadara, La colère, 36-40.
  • Cicéron, Tusculanes, IV, 36-37.
  • Sénèque, De la colère, I, XVII.
  • Plutarque, Du contrôle de la colère, 2-3.
  • Galien, Les passions et les erreurs de l’âme, 4.
  • Plotin, Traité 28 (IV, 4), 28.

Littérature secondaire :
  • Aubenque, P., « La définition aristotélicienne de la colère », Revue philosophique de France et de l’étranger, 1957, n°3, p. 300-317.
  • Fillion Lahille, J., Le De ira de Sénèque et la philosophie stoïcienne des passions, Paris, Klincksieck, 1984.
  • Laurand, V. ; Malaspina, E ., Prost, F., éd, Lectures plurielles du « De ira » de Sénèque, Berlin, De Gruyter, 2021.
  • Renaut, O., Platon, la médiation des émotions, Paris, Vrin, 2014.

Contrôles des connaissances

L'évaluation du CM et du TD se fait en contrôle continu (CC). Les modalités d’évaluation seront précisées lors du premier cours.

Crédits ECTS :
Licence mention Philosophie : 4
Licence mention Droit-Philosophie : 3