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Soutenance d'Habilitation à Diriger des Recherches de Stéphane Madelrieux

Publié le 19 novembre 2018 Mis à jour le 19 novembre 2018
Stéphane Madelrieux
Stéphane Madelrieux
Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) de Stéphane Madelrieux, maître de conférences en philosophie à l'Université Jean Moulin Lyon 3, devant un jury composé de :

  • Jocelyn Benoist, Paris 1 Panthéon-Sorbonne (rapporteur)
  • Claude Gautier, ENS de Lyon (garant)
  • Eléonore Le Jallé, Université de Lille (rapportrice)
  • Philippe Sabot, Université de Lille (rapporteur)
  • Richard Shusterman, Florida Atlantic University (examinateur)
  • Frédéric Worms, ENS de Paris (examinateur)

Le dossier comprend :

  1. un mémoire de synthèse, "L'attitude pragmatiste", 139 pages
  2. un ouvrage inédit, Philosophie des expériences radicales. Une critique de l'empirisme métaphysique, 534 pages
  3. un ensemble de textes publiés, constitué d'un recueil d'articles et de chapitres d'ouvrages de 697 pages et de trois livres : William James. L'attitude empiriste (Paris, PUF, 2008) ; La philosophie de John Dewey (Paris, Vrin, 2016), (Dir.), Bergson et James. Cent ans après (Paris, PUF, 2011).

Présentation :
Les recherches de S. Madelrieux sur le pragmatisme américain s'appuient sur des commentaires d'ensemble de ses figures historiques (principalement William James et John Dewey) et conduisent à définir le pragmatisme en général, au-delà des aspects doctrinaux et méthodologiques, par une attitude - l'anti-absolutisme -, qui nourrit la critique de tous les dogmatismes. Une telle attitude peut alors être mobilisée pour critiquer ce qui reste d'absolutiste chez ces pragmatistes eux-mêmes.
Par ailleurs, l'étude de la réception du pragmatisme dans la philosophie française (à partir des rapports ou références de Henri Bergson, Jean Wahl et Gilles Deleuze à James) peut dans le même sens servir de relais à l'examen critique directe de ces philosophes. L'inédit élargit le corpus et réoriente l'objectif de cette étude pour découvrir à l'oeuvre chez un certain nombre de penseurs français (outre le trio déjà nommé, celui constitué par Georges Bataille, Maurice Blanchot et Michel Foucault) la présence d'un programme philosophique général que S. Madelrieux appelle l'"empirisme métaphysique".
Sa principale proposition est qu'il existerait deux régimes d'expérience hétérogènes, et que les expériences radicales (qu'on les conçoive comme "expériences pures" ou comme "expériences-limites") seraient absolument supérieures aux expériences pratiques ordinaires, sur le plan à la fois ontologique, épistémologique et moral. L'analyse et la critique de ce programme est ainsi conduite à partir d'une autre conception de l'expérience inspirée des pragmatistes et plus profondément de l'attitude anti-absolutiste. Un programme alternatif, que Dewey avait proposé d'appeler l'"empirisme naturaliste", se dessine alors en contrepoint de cette critique.