“Et les femmes devinrent plus diplômées que les hommes...”

Publié le 3 juin 2019 Mis à jour le 4 juin 2019
Lissage des conditions d’accès à l’emploi selon le sexe, atténuation de la ségrégation éducative, maintien des inégalités au déploiement de carrière pour les femmes, la dernière enquête Génération présente les principales évolutions en terme d’accès des jeunes au marché de l’emploi sur ces vingt dernières années.
 

Les enquêtes Génération, conduites par le CÉREQ depuis 20 ans, suivent tous les deux/trois ans différentes cohortes de jeunes sorties du système scolaire la même année. L’objectif de ce dispositif est de rendre compte des changements et permanences du marché du travail dans l’accès à l’emploi des jeunes.

La dernière enquête réalisée en 2017 met en évidence que si les inégalités hommes/femmes constituent une donnée historiquement caractéristique du marché du travail, on assiste néanmoins à un rapprochement des débuts de carrières professionnelles des jeunes selon le sexe.

L’enquête présente ainsi cette évolution comme la conséquence de différents facteurs : la progression croissante de l’accès des femmes au marché du travail depuis 40 ans, un niveau de formation supérieur pour les jeunes femmes désormais plus élevé que celui des jeunes hommes, une dégradation de l’emploi industriel ainsi que l’essor du secteur tertiaire.
 

Principaux points relevés par l’enquête génération

•    Une atténuation de la ségrégation éducative :
Malgré le maintien des traditionnels bastions masculins/féminins caractéristiques des cursus scolaires et universitaires, deux mécanismes ont tendance à atténuer cette ségrégation : un mouvement d’équilibrage entre toutes les filières féminines et masculines, un attrait plus important pour les filières les moins marquées par ces distinctions.

•    Des jeunes femmes de plus en plus diplômées :
Moins nombreuses désormais que les jeunes hommes à sortir du système scolaire sans diplôme (en 2014-2016 : 10% de jeunes femmes sortent sans diplômes et 15% de jeunes hommes), les jeunes femmes sont également plus nombreuses à sortir de formation initiale avec un diplôme de l’enseignement supérieur (en 2014-2016 : 49% de jeunes femmes et 40% des hommes étaient diplômés du supérieur).

•    Rapprochement des conditions d’accès à l’emploi selon le sexe :
Avec une détérioration depuis deux décennies des conditions d’insertion et ce quel que soit le sexe mais selon des logiques différentes, on constate désormais un rapprochement jeunes femmes/jeunes hommes dans l’accès à l’emploi : le déclin de l’emploi industriel (-31% sur deux générations) et la croissance des services tertiaires (+10%) ayant respectivement pénalisé les uns et profité aux autres.  

•    Réduction des inégalités de salaire lors de l’accès à l’emploi :
Si les inégalités de salaire au détriment des femmes sont une donnée historique, un mouvement de rééquilibrage des salaires en faveur des jeunes femmes s’opère. Ce mouvement est consécutif notamment à une hausse de niveau de formation et un accroissement de la part des plus diplômés parmi les jeunes en emploi. Néanmoins, perdurent toujours des écarts moyens de salaire importants à chaque niveau de diplômes.

•    Rapprochement des destinées professionnelles :
En parallèle de l’atténuation de la ségrégation éducative, on assiste à une baisse de la ségrégation professionnelle : ainsi la part des métiers dits très féminisés ou très masculinisés marque un net recul entre 1997 et 2015 : - 4 points pour les deux cas au profit de métiers dits plus mixtes en progression de 8 points.
Par ailleurs, les perspectives socioprofessionnelles des carrières marquent une évolution, avec une amélioration des conditions d’accès pour les jeunes femmes à la catégorie cadre (63% de femmes accèdent à un poste de cadre en 2015 contre 56% en 1997), même si des disparités demeurent (73% pour les hommes).
 
Sources :
CEREQ Brèves n° 373 mars 2019 “Et les femmes devinrent plus diplômées que les hommes...”