Blocs de compétences et système de certification professionnelle français

Publié le 19 avril 2017 Mis à jour le 21 avril 2017

La loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale a introduit pour la première fois dans un texte législatif la notion de « blocs de compétences ». Cette notion nest cependant pas précisément définie par la loi.  


LAFDET et le CérEQ se sont interrogés sur lincidence de ce nouveau concept tant au niveau de lingénierie de formation que de son impact et de son intérêt pour les professionnel.lle.s par la conduite dune étude auprès des différents acteurs concernés par les certifications professionnelles : ministères certificateurs, partenaires sociaux, organismes consulaires et privés, CNCP, etc. 



LEnseignement Supérieur universitaire fait lobjet dune contribution particulière dans le traitement de cette enquête : la nécessité dune offre de formation déclinée en blocs de compétences vient sinscrire dans la continuité dun premier mouvement impulsé dès 1999 concernant la réduction du nombre des spécialités proposées et les plus récentes expérimentations préconisées par le rapport Germinet du 6 novembre 2015 pour le développement de la formation continue dans les Universités. 

Ce nouveau découpage destiné à faciliter laccès à la formation continue doit tenir compte dun public mixte et suppose une évolution des modalités d’évaluation vers lacquisition de compétences attendues. À lappui de différents référentiels de formation élaborés aux niveaux national et local, les universités développent progressivement une offre de formation et une ingénierie déployée par blocs de compétences que le rapport illustre par une série dexemples :  

      LIUT A de Lille soriente vers une offre de formation modulaire, qualifiante, capitalisable par blocs de compétences au sein du DUT construite à partir des besoins des entreprises.  

      LUniversité  Paul Sabatier UPS Toulouse, pour sa part, cherche à concilier attentes des entreprises et parcours individualisé en promouvant le principe de capitalisation des acquis (VAP 85 et VAE). Lexpérience de cette université pour la déclinaison de ses formations soulève lenjeu de son identification en blocs de compétences en correspondance avec les fiches RNCP par mentions de diplôme qui ne correspondent pas systématiquement à des métiers précis. 

      LUniversité Pierre et Marie Curie (UPMC) fait également le choix de la traduction en « blocs de compétences » pour les diplômes nationaux et diplômes universitaires inscrits au RNCP susceptibles dintéresser les demandeur.se.s demploi et salarié.e.s. Pour cette université, la mise en œuvre de la logique compétence ne pose pas de difficulté concernant lalternance et la formation continue. Son extension à lensemble de la formation initiale apparait plus complexe.  



Le rapport conclut sur des pistes de réflexion visant à simplifier et harmoniser les modes de construction des offres de formation :  

      Clarifier différentes définitions et concepts parfois flous : emploi-type et situation professionnelle significative; rapport entre compétence et capacité; notion de « blocs de compétences » en lien avec les référentiels demploi et/ou de certifications 

      Rapprocher les travaux dingénierie en amont portant sur lanalyse du travail, ainsi que les méthodes de construction des référentiels dactivités demploi et de leurs découpages en sous-ensembles. 

  Il souligne limportance de conserver la diversité des approches au niveau des référentiels de certification et la nécessité dun juste équilibre à trouver entre souplesse du parcours et maintien de la qualification comme cible finale.  


SOURCES :
Les blocs de compétences dans le système français de certification professionnelle ; un état des lieux, Céreq Echanges N° 4, février 2017