Éthique - Philosophie - Esthétique

17280040 - Introduction à la philosophie latine

Crédits ECTS 2
Volume horaire total 10
Volume horaire CM 10

Responsables

Contenu

Licence 1 - Semestre 1 - Année universitaire 2021-22

Enseignant :
Axel FOUQUET

Présentation du cours :
La philosophie est née en Grèce, mais c’est dans la langue latine qu’elle s’est parlée durant des siècles – des millénaires – en Europe, de l’Antiquité, aux côtés de la langue grecque, jusqu’à la Modernité où elle est largement en usage, en passant par son hégémonie médiévale. Aujourd’hui, nombre de concepts techniques des langues nationales reposent encore sur l’héritage de la langue latine, et sur les traductions que cette dernière a faites du grec.
Mais le passage du grec au latin n’est pas que la traduction d’une langue en une autre. Car la traduction est aussi une interprétation, et l’interprétation une acclimatation à un univers différent. Les grands fondateurs de la philosophie latine ont été confrontés à l’enjeu d’instaurer une langue philosophique nouvelle, mais aussi et surtout à celui de produire une philosophie qui fasse sens au sein de leur monde. Si la philosophie n’est pas qu’un simple produit culturel, si elle prétend à des vérités universelles, son universalité n’est pourtant jamais abstraite de la réalité concrète où elle s’épanouit, et qu’elle reflète.

Notre cours étudiera la réception de la philosophie grecque par les latins, ainsi que sa traduction et sa transformation au contact des enjeux qui leur étaient propres. Nous verrons que cette réception a aussi été une critique, et que cette critique a donné de nouvelles perspectives au projet philosophique lui-même.
Nous étudierons quatre grands penseurs. Nous soulignerons ce qu’ils reçoivent des Grecs, et les apports philosophiques qu’eux-mêmes ont transmis à l’histoire ultérieure.
Cicéron, passeur et traducteur de la philosophie hellène. Ses traductions imprègnent le vocabulaire philosophique de l’esprit romain, et son rapport à la philosophie témoigne d’une liberté rompant avec la pratique « sectaire » des philosophes grecs. Son anti-dogmatisme est moins un relativisme qu’une façon renouvelée de considérer la philosophie, dont les facettes sont aussi nombreuses que celles de l’existence.
Lucrèce, et sa réception personnelle de l’épicurisme.
Sénèque, libre lecteur du stoïcisme, destinant la philosophie au souci (cura) de soi et posant franchement la question d’une existence philosophique dans tout ce qu’elle a de plus concret pour un romain de son rang (engagement politique, richesses, usage du temps).
Augustin, confrontant l’héritage philosophique (platonicien, néoplatonicien, stoïcien) à une donnée nouvelle et possiblement conflictuelle : la foi et la vérité révélée. Là encore, ce sera non seulement les concepts, mais aussi le sens même de la philosophie qui sera remis en jeu.

Bibliographie

  • Cicéron, Des termes extrêmes des biens et des maux, et en particulier les livres III et IV.
  • Cicéron, Tusculanes.
  • Lucrèce, De la nature des choses, et en particulier les livres III-V.
  • Sénèque, La tranquillité de l’âme.
  • Sénèque, Les lettres à Lucilius (dans lesquelles on peut piocher à son gré).
  • Augustin, Traité du libre arbitre.
  • Augustin, Les Confessions, et en particulier le livres I à XI (et au moins le livre VII)
  • Augustin, La cité de Dieu, livre XIX.

Littérature secondaire :
  • André J.-M, La philosophie à Rome, PUF, Paris, 1977.
  • Fontanier J.-M, Le vocabulaire latin de la philosophie, Paris, Ellipses, 2005.
  • Grimal P., Cicéron, Paris, Fayard, 1993.
  • Conche M., Lucrèce et l’expérience, Paris, PUF, 2011.
  • Aubenque, P. et André, J.-M., Sénèque, Paris, Seghers, 1964.
  • Vannier, M.-A., Saint Augustin. La conversion en acte, Entrelacs, 201.