Éthique - Philosophie - Esthétique

17220007 - Philosophie générale

Niveau de diplôme Licence - Semestre 2
Crédits ECTS 3
Volume horaire total 15
Volume horaire TD 15

Responsables

Contenu

Licence 1 - Semestre 2 - UEO Philosophie - Année universitaire 2021-2022

Enseignant : Axel FOUQUET

Thème du cours : Temps et existence

Présentation du cours :
Le semestre s’attachera à l’étude conjointe de deux des plus grands mystères de la philosophie : le temps et l’existence. Nous sommes jetés dans l’un comme dans l’autre. Et même : en étant plongés dans l’un, nous sommes aussi nécessairement plongés dans l’autre, car le temps, avant d’être un objet de pensée spéculative, est une donnée fondamentale de notre existence la plus concrète, et l’existence, elle, ne s’éprouve pas autrement que temporelle – dans la course qui mène de la naissance à la mort.
Pourtant, le temps comme l’existence se dérobent dès que la pensée essaie réflexivement de les saisir.
Le temps, d’une part, possède une existence éminemment paradoxale. Le temps s’écoule par une négation continuelle de lui-même, puisque le futur se nie pour devenir un présent, qui se nie pour devenir un passé. Dans cette roue, le temps emporte et consume tout. Mais le temps est aussi la condition de toute création et de toute nouveauté. Qu’est-ce, alors, que le temps ? « Si personne ne me pose la question, je le sais ; si quelqu’un pose la question et que je veuille expliquer, je ne sais plus », admet saint Augustin (Confessions, XI, 14, 17).
L’existence, d’autre part, n’est pas n’importe quel régime d’être. L’homme n’existe pas comme sont le caillou ou le porte-manteau. L’être de l’homme se caractérise par la question du sens, qu’il s’adresse d’abord à lui-même : quel sens a mon existence ? Ce sens est l’objet d’une décision, car exister c’est décider ce qu’on a à être : quelle est la vie la plus digne, la plus intense, la plus authentique ? Mais le choix du sens est réfractaire à toute démonstration bien établie, confortable et rassurante : toujours, ce choix est éprouvé et remis en cause par le déroulement de l’existence, de sorte que l’homme – et là encore en reprenant une parole d’Augustin – ne cesse jamais d’être à lui-même une immense question (Confessions, IV, 4, 9).

Notre cours s’attachera à penser le lien intime entre le temps et l’existence. Nous verrons que la façon dont les philosophes pensent la nature du temps détermine le sens qu’ils donnent à l’existence. Le temps est-il destruction, dispersion, dissipation ? Ou, au contraire, devenir constructeur, processus de création permanente ? Le présent est-il la seule dimension du temps qui existe actuellement ? Ou bien est-il pure évaporation ? Le cours du temps est-il fatalement déterminé ? Le futur est-il le champ des possibles ? Et enfin, l’éternité est-elle la négation (illusoire) du temps ? Ou est-elle l’accomplissement du temps ? De la réponse à ces questions dépend les choix fondamentaux de l’existence humaine concernant le désir, l’action, la liberté, concernant le rapport à autrui voire à Dieu.

Plan du cours :
I/ « Les temps qui courent » - Temps et devenir : destruction ou création ?
II/ « Vivre avec son temps » - Habiter le temps : le passé, le présent, l’avenir – et la mort.
III/ « Temps libre » - Temps et liberté : le fatal, l’irrémédiable et l’imprévisible.
IV/ « Hors-temps » - L’éternité : illusion ou vérité du temps ?

Bibliographie

Pour les vacances, lire :
  • AUGUSTIN, Confessions, livre XI
  • CHENET (François), Le temps. Temps cosmique, temps vécu, Armand Colin, Paris, 2000 (ouvrage d’introduction sur la notion du temps. Il n’est pas nécessairement à lire entièrement, mais au moins à parcourir pour se familiariser avec les problèmes liés au temps).

Bibliographie générale du semestre :
  • ARENDT, La condition de l’homme moderne (en particulier le chap. V)
  • ARISTOTE, Éthique à Nicomaque (en particulier livres I, II, III, VI, X)
  • ARISTOTE, Physique, IV, 10 217 b 29 – 14, 224 a 17
  • ARISTOTE, De l’interprétation, IX
  • AUGUSTIN, Confessions (en particulier livre XI)
  • BERGSON, Les données immédiates de la conscience
  • BOECE, La consolation de la Philosophie
  • CHRÉTIEN (Jean-Louis), L’inoubliable et l’inespéré, Desclée de Brouwer, 2014
  • ÉPICURE, Lettre à Ménécée
  • HEIDEGGER, Être et temps (Deuxième section)
  • KIERKEGAARD, Ou bien … ou bien (parfois publié sous le titre de L’alternative)
  • KIERKEGAARD, Le concept d’angoisse
  • KIERKEGAARD, Crainte et tremblement
  • PASCAL, Pensées (en particulier Sellier (S) 80/Brunschwig (B) 172 ; S168/B139 ; S680/B233)
  • PLATON, Phédon
  • PLATON, Timée
  • NIETZSCHE, Considérations inactuelles (en particulier la Seconde)
  • NIETZSCHE, Généalogie de la morale (en particulier II, §1-3)
  • NIETZSCHE, Le gai savoir (Aphorisme 341)
  • NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra, (« Le convalescent »)
  • SÉNÈQUE, De la brièveté de la vie
  • SÉNÈQUE, Lettres à Lucilius (en particuliers les lettres 1, 93)

Littérature secondaire :
  • CHENET (François), Le temps. Temps cosmique, temps vécu, Armand Colin, Paris, 2000
  • GONORD (Alban), Le temps, GF Flammarion, coll. « Corpus », Paris, 2001.
  • PUCELLE (Jean), Le temps, PUF, coll. « Le Philosophe », Paris, 1959 rééd. 1972.

Contrôles des connaissances

L’évaluation se fait en contrôle terminal. Elle consistera en la rédaction d’une introduction de dissertation (DST de 2h).