17200004 - Philosophie moderne

Volume horaire total 15
Volume horaire CM 15

Responsables

Contenu

Licence 2 - Semestre 3 - UEO Philosophie - Année universitaire 2019-2020

Enseignant : S. MADELRIEUX

Thème du cours : Cours d’approfondissement sur l’empirisme. Empirisme et pensée critique

Présentation du cours :
Le cours se veut complémentaire du cours de « Philosophie moderne » donné en enseignement fondamental. Nous insisterons sur la valeur critique de la pensée des empiristes britanniques, en cherchant à déployer et articuler les différentes dimensions de leurs entreprises critiques :
  1. critique des obscurités de la métaphysique spéculative au moyen d’une nouvelle méthode pour rendre les idées claires (philosophie du langage, philosophie de l’esprit)
  2. critique du dogmatisme des philosophes scolastiques et rationalistes au nom d’une conception faillibiliste de la connaissance qui ne tient aucune vérité pour intouchable (philosophie de la connaissance)
  3. critique de l’inadéquation des intuitions et démonstrations rationnelles pour toute question portant sur les faits, et substitution d’enquêtes empiriques dans un effort notamment de constitution des sciences humaines (philosophie des sciences)
  4. dénonciation des justifications a priori des institutions sociales au nom de leurs supposées évidences morales ou de leurs rationalités intrinsèques par le recours à des enquêtes sur les origines historiques et les effets pratiques de ces institutions (philosophie morale, politique, de la religion).

Nous mesurerons ainsi la valeur de l’empirisme britannique au nombre de problèmes qu’ils ont contribué à rendre suspects ou obsolètes en philosophie (immortalité de l’âme, origine métaphysique du monde, démonstration de l’existence de Dieu, union ou relation entre une substance spirituelle et une substance matérielle, recherche des causes premières et des raisons ultimes des phénomènes, quête de fondements absolument certains pour la connaissance et la morale, hiérarchisation morale des êtres naturels en fonction de leur degré de perfection ontologique, etc.). Nous apprécierons cette formule de Henri Gouhier parlant d’une « coupure historique qui fait de Locke le père de la pensée moderne, et qui crée, pour ainsi dire, une seconde Antiquité avec le siècle de Descartes, Malebranche, Leibniz, Spinoza ».

Nous nous appuierons principalement sur les analyses de Bacon, Locke, Berkeley et Hume, en faisant des incursions vers des empiristes plus récents (John Stuart Mill, William James, John Dewey, Alfred Ayer), pour montrer la persistance et l’importance de cette attitude critique envers toutes les autorités qui veulent s’immuniser contre la possibilité d’être révisées au cours de l’expérience.
 

Bibliographie

  • Francis Bacon, Novum Organum (1620), trad. fr. par M. Malherbe et J.-M. Pousseur, Paris, PUF, 2004. La critique des idoles.
    Commentaire : Malherbe M., La philosophie de Francis Bacon. Repères, Paris, Vrin, 2011
     
  • John Locke, Essai sur l’entendement humain (1690), trad. J. M. Vienne, livres I-IV (Paris, Vrin, 2001-2003). Livre I (critique des principes innés) et livre II (critique de l’analyse rationnelle de l’esprit, critique de l’âme comme substance pensante)
    Commentaire : Brykman G., Locke : idées, langage, connaissance, Paris, Ellipses, 2001
  • Georges Berkeley, Principes de la connaissance humaine (1710), Paris, GF Flammarion, 1991. Critique des abstractions métaphysiques, critique de l’idée de substance matérielle.
    Commentaire : Brykman G., Berkeley et le voile des mots, Paris, Vrin, 1993
     
  • David Hume, Enquête sur l’entendement humain (1748), tr. M. Beyssade, Paris, GF-Flammarion, 1983. Méthode pour render les idées claires, critique générale de la métaphysique et de la théologie.
    Commentaire : Michaud Y., Hume et la fin de la philosophie, Paris, PUF, 1983

Bibliographie complémentaire :
 
  • William James, Le pragmatisme. Un nouveau nom pour d’anciennes manières de penser (1907), Paris, Flammarion, trad. Ferron, éd. Madelrieux, 2006 : ch. 2 (méthode pour rendre les idées claires), ch. 3 (reprise de la méthode critique des empiristes britanniques)
     
  • Alfred J. Ayer, Langage, vérité, logique (1936), Paris, Flammarion, 1956 : reprise de la critique humienne de la métaphysique