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MAMABLUES | Résonance - Conférence dansée "La mémoire partagée"

Publié le 2 octobre 2017 Mis à jour le 19 octobre 2017

Projet labellisé dans le cadre du centenaire de la paix par la Ville de Lyon en partenariat avec l'Université Lumière Lyon 2

A l'heure où les nations célèbrent les mémoires de ses martyrs, ces héros sacrifiés volontaires de la première guerre mondiale, Fred Bendongué se pose la question de son ancrage artistique dans la mémoire collective

Conférence animée par Fred Bendongué, danseur chorégraphe et Julie De Bellis, doctorante à l'Université Lumière Lyon 2
Pour ce solo, Fred Bendongué part de l'imagerie de ces héros de guerre invisibles jusqu'alors, artistes d'un jour, soldats à jamais. De ces moments passés dans les tranchées, est née une culture chantée et une musique à danser qui a bercé toute une génération.

En s'appuyant sur un répertoire musical qui accompagna les poilus, l'auteur souhaite mettre en lumière une époque en réelle mutation, ou la fin d'une culture ancrée dans un passé encore majoritairement rural vers l'envol, à peine esquissé auparavant, d'une culture nouvelle essentiellement urbaine.

Au sortir de ce constat, l'auteur fait se rencontrer le balbutiement de la danse dite urbaine, le hip-hop, une danse qui à l'origine est largement imbriquée dans le quotidien d'une population en marge, avec la racine de toutes les musiques, le Blues. Un vieux Blues dont les musiciens pour la plupart "songsters" (musiciens itinérants) aiment raconter véhiculant un véritable imaginaire. Quand on l'écoute attentivement ce blues, il peut dissimuler derrière lui une tranche de vie, un appel à la résistance et un refus de la misère.

Le hip-hop incarne l'histoire de ce monde moderne et violent. Il se fait l'écho d'un cri-monde globalisé et connecté. Celui d'une jeunesse en colère et révolté d'ici et d'ailleurs, de leur désir d'un monde plus vrai, plus juste. Utopique ou lucide, les deux à la fois, l'errance du hip-hop réinjecte de la vitalité pour fleurir en conscience et résistance ouverte le plan d'action des nouveaux maîtres qui gouvernent à l'échelle mondiale.

Comme le blues des premières heures et les complaintes composées par les frères d'âmes des tranchées, le hip-hop crée une esthétique et devient le récit d'une histoire vécue et commune, qui se transmet et crée une affinité de sens entre les peuples soumis aux mêmes conditions de survie. Une danse qui se concentre sur la transmission d'une émotion, d'une philosophie intuitive, à la fois constat de la dureté de la vie et impuissance à y faire face.

"Le blues c'est ce qu'il nous reste quand on a tout perdu, l'énergie du désespoir qui se transcende dans son expression artistique, et c'est pourquoi il peut aider les désespérés à trouver dans cette plainte sublime l'énergie pour surmonter leur mélancolie, et faire quelque chose de leur errance." Carlos Strenger

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Mise à jour : 19 octobre 2017